Ô chiens la guerre – Hommage aux chiens de la guerre 1914-1918

Ô chiens la guerre – Hommage aux chiens de la guerre 1914-1918

12 mn

Il y a 100ans, jour pour jour, heure pour heure le 11 novembre 2018 à 5H15, l’armistice marque la fin des combats de la 1ère guerre mondiale, la victoire des alliés et la défaite totale de l’Allemagne.

Chiens pendant la guerre 1914-1918

Un grand nombre d'animaux furent utilisés par les belligérants lors de la Première Guer
re mondiale, principalement des équidés pour le transport et la cavalerie, des chiens pour le transport (chien d'attelage) et la transmission des messages, ainsi que des pigeons voyageurs. Dans une Europe encore largement paysanne, soldats et officiers vont vivre pendant ces années de guerre largement au milieu des bêtes qui seront victimes en nombre du conflit. Ainsi plus de 11 millions de chevaux, d'ânes et de mules seront tués pendant la guerre.

Photo VosgesMatin

Les chiens de guerre sont les chiens utilisés dans un cadre militaire quelle qu’en soit sa nature.

Chiens de trait guerre 14-18

Les chiens ont une longue et ancienne utilisation dans l'histoire militaire, employés comme chiens de combat, chiens de garde, chiens de courrier, chiens de détection ou de pistage, voire chiens antichar. Son usage a changé avec l'évolution des techniques de guerre et l'évolution du respect des animaux, mais le chien continue d'être utilisé de nos jours pour la recherche de corps lors d’avalanches et catastrophes naturelles mais aussi dans les courses et la chasse aux lièvres pour les Lévriers (Galgos, Podencos, Greyhounds…), dans les laboratoires (Beagles …) et autres exploitations scandaleusement inacceptables !

L'armée française de 1914-1918 comptait plusieurs types de fonctions dévolues aux chiens, au sein de ses forces armées. (Les chiens de sentinelle, les chiens de liaison ou d’estafette, les chiens de patrouille, d’attaque ou de recherche, les chiens sanitaire, les chiens de trait, les mascottes « chasseuses de nuisibles »).

Notons à propos de ces animaux, que suivant les directives de l'armée française, les chiens ratiers, les chiens de guerre et ceux de traits devaient obligatoirement être accompagnés d’hommes les ayants en garde spécialement. Ces hommes devaient avoir en outre réalisé un stage dans un des chenils de l’armée ou appartenir à l’une des sections d’équipage de chiens d'Alaska.

Et à propos de ces chiens d'Alaska…

chiens de trait 14-18 1ère guerre mondiale

C’est le capitaine d’infanterie Louis Moufflet, grièvement blessé au début de la guerre, qui avait été le premier à suggérer l’idée d’employer les traîneaux avec des chiens pour le ravitaillement des troupes en lignes dans les zones montagneuses comme les Vosges et l'Alsace entre autres.

Cette proposition ayant eu l'assentiment des autorités militaires, ce sont les Capitaine Moufflet et Lieutenant Jean-Pierre Mallet, qui furent envoyés aux Usa (New York et Alaska) et au Canada (Labrador), afin d'y acheter les chiens, les traîneaux et le matériel nécessaire aux armées françaises.

Les 436 chiens revenus au Havre, sur 440 partis de la ville de Québec au Canada, une unité, constituée de gradés et d'hommes de troupe, pris possession des animaux, afin de constituer des équipages familiarisés à ces animaux à moitié sauvages et prêts à devoir monter au front.

C'est à Saint Amé, non loin de Corcieux, dans les Vosges, que deux sections ont été mise sur pied...

L’instruction du personnel fut dispensée par les lieutenants Mallet, Hérodier et par le Révérend Père Bernard, missionnaire du Canada et de l’Alaska, fin connaisseur de ce moyen de transport, pour l’avoir abondamment pratiqué en temps de paix.

Outre le fait que ces équipes étaient chargées de l'approvisionnement en armes, en munitions et en nourriture des troupes éloignées de leurs arrières, ils avaient en charge le transport des officiers généraux et de l'Etat-Major qui autrement n’auraient pas pu se rendre ou communiquer avec les premières lignes.

La Première section eut à assurer ce genre de missions périlleuses au profit des 151e et la 127e D.I. ; la 2e section, quant à elle se chargea des 52e, 96e et 13e D.I.

Les principaux points de ravitaillement furent, en ce qui concerne la première section, les lieux dit ou territoires des : Calvaire ; Lac Blanc ; Lac Noir ; Roche des Fées ; Rossberg ; Linge, etc.

Pour ce qui est de la seconde section, les points de ravitaillements furent : l’Hartmannswillerkopf, la Côte 1025, Mittlach, le Linge, Lac Noir, Lac Blanc, Metzeral, Le Honneck...

Notons que pendant les périodes de l'année exemptes de neige, les traîneaux étaient munis de roues caoutchoutées.

Près de la moitié, sur un total de 436 chiens de traîneaux rapatriés d'Alaska et du Canada moururent durant la guerre, sous le feu ennemi.

Au 1er avril 1918, les équipages canins furent rattachés à la 50e compagnie du 19e escadron du train.

Aujourd'hui encore, en Alsace et ailleurs, des générations de husky et autres chiens venus du Nord de l'Amérique, durant la Première Guerre mondiale, perpétuent, sans le savoir, la mémoire de leurs ancêtres militaires venus en Europe, en 1915, pour servir le poilu…

STUBBY, un chien de guerre gradé et décoré aux États-Unis d’Amérique..

Sergent STUBBY, chien de guerre américain décoré aux États-Unis d'Amérique

Au sein de l'armée américaire, le soldat Stubby fut promu, durant la Première Guerre mondiale, sergent et décoré de la médaille de la bataille de Verdun : beau parcours militaire... pour un chien.

Mais aussi, durant le conflit, il servit dans les tranchées, sur le Chemin des Dames, où il arrivait à prévenir des attaques d'obus ou par les gaz.

En outre, il fit capturer un espion allemand qui se cachait au sein de son armée.

Alors qu'il était au front, Stubby fut blessé au combat, il se trouvait alors dans une tranchée.

La guerre finie, à son retour aux États-Unis, il fit un retour triomphal.

Stubby a connu une grande notoriété aux USA et défila souvent à la tête de cortèges militaires.

100ans, jour pour jour, heure pour heure, nous avons tenu à faire paraître cet article en mémoire des animaux, plus de 15 millions, qui ont été utilisés pendant la guerre 14-18, c'est à l'occasion de ce centenaire que le CREL a souhaité faire vivre la mémoire de tous ces animaux qui ne sont jamais valorisés lors de commémorations nationales ou internationale.

Une statue sera érigée à Paris pour tous ces animaux morts pour la France. "Décision prise à Paris le 1er octobre 2018

Jérôme GUILLOT

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